Le projet national de recherche CLINIC2TMA, piloté par le CHRU de Tours, lauréat de l’AAPG 2026 de l’Agence nationale de la recherche.

Le CHRU de Tours et son Centre de Référence des Microangiopathies Thrombotiques (CRMR-MAT) participent à un projet de recherche national visant à mieux comprendre les microangiopathies thrombotiques (MAT) secondaires. Baptisé CLINIC2TMA, ce projet est coordonné par le Pr Jean-Michel Halimi, chercheur en néphrologie au laboatoire ISCHEMIA (université de Tours), Chef du pôle Médecine du CHRU de Tours, membre de l’INI-CRCT et Directeur de la cohorte nationale MATRIX. Il a été retenu par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre de l’Appel à Projets Générique 2026 (AAPG), avec une note A. Le projet débutera au dernier trimestre 2026 pour une durée prévisionnelle de cinq ans, avec une fin envisagée en 2031. Les premières publications sont attendues à partir de 2027-2028.

Les MAT secondaires : des maladies rares aux mécanismes complexes
Les microangiopathies thrombotiques sont des maladies rares caractérisées par des lésions des petits vaisseaux sanguins, notamment au niveau de l’endothélium, la couche de cellules qui tapisse l’intérieur des vaisseaux. Elles peuvent provoquer des atteintes d’organes potentiellement sévères, en particulier rénales, cardiovasculaires et neurologiques.
Les MAT peuvent toucher l’ensemble de la population. Leur survenue semble dépendre de l’interaction entre des facteurs génétiques et environnementaux susceptibles de constituer un terrain prédisposant. Certaines formes de MAT sont aujourd’hui bien identifiées, comme le purpura thrombotique thrombocytopénique (PTT), les MAT associées aux infections à E. coli productrices de toxine Shiga (STEC) ou certaines MAT médiées par le complément.
En revanche, chez l’adulte, environ 90 % des MAT sont considérées comme secondaires, c’est-à-dire qu’elles surviennent dans un contexte médical particulier : infection, grossesse, cancer, transplantation, maladie systémique ou exposition à certains médicaments, notamment.
Cette diversité de situations constitue un véritable enjeu diagnostique et thérapeutique. Sous une même appellation clinique peuvent en effet se trouver des mécanismes biologiques différents, impliquant notamment l’endothélium, le complément, le glycocalyx, les voies purinergiques ou encore les conséquences de l’hémolyse.
